Décembre 2018

Le Congrès des Maires qui s’est tenu il y a quelques jours a marqué une rupture entre le Président Macron et les Maires. Son absence lors de ce salon annuel a été assimilé à un manque de respect du quotidien des 36 000 maires qui au quotidien écoutent ses concitoyens.

Selon un sondage récent, près de 50% des Maires envisagent de ne pas briguer un autre mandat aux prochaines élections municipales. Ce chiffre marque une crise de la fonction de Maire. Leur quotidien est devenu beaucoup plus complexe. Face à la diminution des dotations de l’Etat, la suppression progressive de la taxe d’habitation, la création des Territoires et de la Métropole du Grand Paris, collectivités obscures mais aux compétences grandissantes au détriment des communes, les Maires cherchent aujourd’hui à donner du sens à leur fonction.

Cette pression exercée sur le Maire s’explique d’autant plus que le maire reste aujourd’hui le seul acteur de la vie publique auquel les Français accordent toujours très majoritairement leur confiance.  Ils valorisent ainsi particulièrement cet élu de terrain alors que la confiance dans les autres représentants s’étiole au fur et à mesure que la proximité s’éloigne.

Le Maire doit aussi réussir à ne jamais perdre la notion de service public. Ce service public a pour vocation de concourir à l’intérêt général qui lui-même n’est pas la somme des intérêts particuliers. Le service public délivré au quotidien par les agents publics ne se réduit pas à la recherche de la satisfaction de son public. En cela, ma conception du rôle de Maire est de préserver cette vocation de service public et d’intérêt général qui transcende les citoyens et uni la société. Les usagers du service public ne sont pas des clients et ne doivent pas être considérés comme tels.

Les attentes des usagers sont de plus en plus pressantes. Les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle d’accélérateurs de l’information en décalage avec le temps de l’action municipale. Le Maire doit jouer ce rôle de temporisateur et déterminer les priorités et les décisions dans le sens de l’intérêt général et non en réponse à chacun des intérêts particuliers. En ce sens, le Maire imprime un cap qui entraine citoyens et agents publics dans un projet politique et un projet de société pour notre ville. C’est ce pour quoi les électeurs auront porté leurs voix, pour un Maire et une équipe municipale autour de lui.

Pour autant, le Maire doit demeurer à l’écoute de l’ensemble des demandes de ses citoyens. Il est souvent le dernier interlocuteur lorsque ses administrés ne savent plus vers qui se tourner.

Face à l’ensemble de ces contraintes, le Maire doit résoudre la quadrature du cercle en prenant en compte l’ensemble de ces paramètres pour réussir au mieux son mandat.

Sébastien Bouillaud,

Président du groupe d’opposition Ivry Autrement

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